Désaccords à L’Esco | Retour sur le lancement du micro-album À fleur de paupière du groupe pop-prog

Le 19 juillet dernier, le public et la garde rapprochée des membres du groupe québécois Désaccords s’étaient réunis au bar L’Escogriffe à Montréal pour découvrir leurs nouvelles pièces.

L’ensemble formé de 5 musiciens et de l’autrice-compositrice-interprète Julie Anne Miquelon, ont joué plusieurs morceaux de leur répertoire, en plus des 4 nouveautés qui se retrouvent sur À fleur de paupière (EP), déjà disponible sur les plateformes d’écoute en ligne.

L’invitation nous avait été lancée par Julie Anne Miquelon, une des 8 chansonneurs-ses que nous avions eu le plaisir de croiser et d’entendre en juin dernier, lors de l’édition 2026 du Festival en chanson de Petite-Vallée. Et pour demeurer dans le même thème, on a même eu le plaisir d’échanger à la fin du spectacle avec un spectateur attentif, Aleksi Campagne, un autre chansonneur talentueux à surveiller, au style très différent, issu de cette même cohorte.

La formation Désaccords

En plus de la chanteuse principale, Désaccords est formé d’Étienne Desruisseaux (batterie), Enes Ammar (basse), Zachary Lavarenne (piano), Sacha Trudel (guitare et voix) et Samuel Ouellet-Mata (violoncelle et voix). Pour contribuer à cet EP, certains musiciens du groupe se sont partagé les tâches de composition. L’ensemble avait déjà enregistré quelques titres par le passé, mais comme l’a exprimé Julie Anne en début de spectacle, ce lancement signifiait pour eux «un renouveau, une page blanche».

En plus d’accorder beaucoup d’importance à la voix, soulignons que le clavier et le violoncelle occupent également une place de choix. On s’aventurerait à dire que la beauté de leur musique réside dans leurs influences et la profondeur de leurs textes, avec 4 morceaux qui excèdent les 4 minutes (parfois 6) et qui nous offrent suffisamment de latitude pour s’y plonger réellement ; rien ne semble urgent, ni précipité, un point fort pour de jeunes adultes qui pourtant, ont évolués à l’ère de l’instantané.

Avant même notre arrivée au concert, on s’était donné du temps pour explorer les pièces de ce nouveau projet et certaines affinités musicales nous ont semblés évidentes. Alors que le premier extrait proposé, Azur, nous conduit littéralement dans l’univers d’Harmonium, avec ses guitares, la lenteur de ses percussions et son refrain, le second, Expedition (en anglais), nous a rappelé les meilleures années du band québécois Bellflower, mené à l’époque par la talentueuse Em Pompa. Et pourtant, on a appris ce soir-là que les membres de Désaccords ignorent tout de la musique de Bellflower ; bref, un beau hasard !

Bleue, par son attitude désinvoltée, bien que vulnérable, nous suggère un portrait différent de la chanteuse, une belle révélation. On a confirmé cette intuition lors de son passage sur la scène de L’Escogriffe. Elle ne nous a pas déçus non plus, mettant en valeur la voix cristalline de Julie Anne et le son du violoncelle de Samuel, avant d’accélérer sur des notes du clavier de Zachary, qui est aussi l’unique compositeur de cette dernière pièce du EP.

753125682 18060122504767218 4143479114854072007 n* Crédit photo : Étienne « Eddy Lava » Archambault.

Globalement, la performance sur scène de Désaccords a rendu justice à cet EP, à l’exception de la qualité sonore offerte dans la salle. Il était souvent difficile d’entendre les paroles, en raison de la sono mais aussi d’une qualité d’écoute peu optimale — le personnel au bar pourrait notamment se faire plus discret pendant les spectacles — ce qui est dommage, par respect pour le travail des artistes et de l’auditoire, puisque la richesse des textes en vaut la peine.

Qu’à cela ne tienne, le groupe a débuté la soirée avec quelques compositions moins récentes ainsi qu’une nouveauté francophone, avant de se lancer dans la présentation du microalbum.

En fin de concert, Julie Anne, une meneuse naturelle, s’est même permise de grimper devant la foule déjà conquise, pour chanter avec elle.

La très grande majorité des pièces ont été bien accueillies par l’auditoire, évalué à plus d’une centaine de spectateurs, dont grand-papa Michel et sa conjointe, qui assistent avec fierté à la quasi-totalité des concerts de Julie Anne, partout au Québec. Elle a d’ailleurs eu la délicatesse de souligner leurs présences lors des remerciements habituels.

Point à corriger : vocalement et sur le plan artistique, Julie Anne est destinée à un bel avenir mais elle devra impérativement revoir ses interventions sur scène entre les morceaux et être mieux préparée, au lieu de donner dans l’improvisation, une lacune fréquemment observée avec cette jeune génération. Accordons-lui un peu de temps.

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Oli Féra en première partie

Voilà un-e autre auteur.ice – compositeur-ice de grand talent, qui a fréquenté le camp des chansonneurs-ses de Petite-Vallée en 2025 et aussi grand.e gagnant.e du Festival International de la Chanson de Granby en 2022.

Nos échanges nous ont permis d’en apprendre davantage sur « le projet Oli Féra » qu’iel-elle-il défini par « du rock qui décoiffe à une émotion à fleur de peau », « à la plume vive et imagée ». Ses performances se traduisent « à travers des récits de deuil, de reconstruction et de quête identitaire ».  Très actif.ve sur les scènes québécoises et européennes depuis déjà quelques années, la sortie de son EP Huis Clos est prévue en 2027.

Bien qu’il lui arrive de jouer fréquemment avec un band complet, iel-elle-il a cette fois assuré la première partie de Désaccords en solo, et malgré les défis que représentent ce rôle parfois ingrat, Oli Féra a su créer l’adhésion rapidement au sein du public, grâce à sa présence charismatique.

Le 22 août prochain à Laval, iel-elle-il assurera la première partie de Lou-Adriane Cassidy, rien de moins, en clôture des Zones Musicales sur le parvis de la Place Bell. Ce spectacle est d’ailleurs gratuit.

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